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#StOpE : la mobilisation collective contre le sexisme ordinaire s’accélère

18 mars 2026 4 min de lecture

Face à la persistance de comportements sexistes dans le monde professionnel, l’initiative #StOpE (Stop au Sexisme dit Ordinaire en Entreprise) a lancé en 2026 sa première campagne nationale de sensibilisation intitulée « Petits gestes, grands effets ». Créée en 2018 par Accor, EY et L’Oréal et aujourd’hui pilotée par l’Association Française des Managers de la Diversité (AFMD), cette démarche vise à structurer l’action des organisations pour identifier et prévenir les formes de sexisme du quotidien dans le travail.

Plus de 300 entreprises, institutions et établissements d’enseignement ont rejoint cette initiative. Parmi elles figurent désormais des acteurs du secteur de la santé, tels que le CHU de Montpellier ou la MNH. Cette extension au champ sanitaire interpelle également les professions de santé de proximité, dont la pharmacie d’officine, un secteur très féminisé où les enjeux d’égalité professionnelle et de respect des conditions de travail restent essentiels pour la cohésion des équipes.

Points clés à retenir

L’initiative #StOpE fédère plus de 300 organisations engagées contre le sexisme ordinaire dans le monde professionnel.

• Les organisations signataires mettent en œuvre des actions concrètes de sensibilisation, de formation et de suivi des pratiques managériales.

Le programme repose sur 8 engagements structurants, allant du principe de tolérance zéro face aux comportements sexistes à la formation des managers et à l’évaluation régulière des actions menées. Selon les données communiquées par l’initiative, les organisations participantes ont déployé plus de 1 500 actions de sensibilisation en 2025, illustrant une dynamique de mobilisation collective. Le dispositif s’appuie notamment sur des modules de formation en ligne dédiés à la prévention du sexisme ordinaire, qui ont déjà permis de sensibiliser plusieurs dizaines de milliers de collaborateurs. L’objectif est de rendre visibles des comportements souvent perçus comme anodins (remarques, interruptions répétées en réunion, stéréotypes) mais qui peuvent fragiliser l’égalité professionnelle.
Pour les équipes officinales, ces démarches résonnent particulièrement avec la réalité sociologique du secteur. La pharmacie d’officine est en effet un univers professionnel très majoritairement féminin, qu’il s’agisse des préparateurs, des pharmaciens adjoints ou des titulaires. Dans ce contexte, les situations de sexisme ordinaire ne se limitent pas nécessairement aux relations internes à l’équipe : elles peuvent également provenir de l’environnement de travail lui-même (patients, fournisseurs, partenaires ou autres interlocuteurs extérieurs). Remarques déplacées, attitudes condescendantes ou mise en doute de la légitimité professionnelle peuvent ainsi surgir dans l’espace de l’officine, parfois banalisées car liées à la relation commerciale ou au contact quotidien avec le public. Dans des structures où les équipes sont restreintes et fortement sollicitées, ces situations peuvent fragiliser le climat de travail, la confiance professionnelle et, à terme, la qualité de l’organisation collective au service des patients.

L’initiative souligne également l’importance du rôle du management de proximité. Dans une officine, le titulaire ou le pharmacien responsable occupe une position clé pour instaurer un climat professionnel respectueux, prévenir les situations problématiques et encourager la parole au sein de l’équipe. Les démarches de sensibilisation ou de formation peuvent ainsi contribuer à structurer une culture professionnelle fondée sur le respect et l’égalité.

Au-delà de l’organisation interne, ces enjeux s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la responsabilité sociétale des structures de santé. Les officines, en tant qu’acteurs de proximité fortement ancrés dans leur territoire, sont également observées sur leur capacité à promouvoir des pratiques professionnelles exemplaires, tant dans la relation avec les patients que dans la gestion de leurs équipes.

Perspectives Stratégiques

L’initiative #StOpE rappelle que les transformations culturelles au travail reposent rarement sur des décisions ponctuelles : elles s’inscrivent dans des processus collectifs et progressifs, fondés sur la sensibilisation, la formation et la responsabilisation des équipes. La notion de « petits gestes », mise en avant par la campagne, souligne que la prévention du sexisme passe aussi par la capacité des témoins à réagir et par l’attention portée aux comportements du quotidien.

Dans les professions de santé, cette réflexion entre en résonance avec d’autres enjeux contemporains : attractivité des métiers, fidélisation des équipes, qualité de vie au travail ou prévention des risques psychosociaux. Autant de dimensions qui concernent directement les officines, souvent confrontées à des tensions de recrutement et à une charge de travail élevée.

La question dépasse ainsi la seule lutte contre les discriminations : elle interroge la capacité des organisations à construire des cultures professionnelles inclusives et respectueuses. Dans des équipes majoritairement féminines comme celles de la pharmacie d’officine, comment transformer ces enjeux d’égalité en leviers concrets d’amélioration du fonctionnement collectif et de l’attractivité du métier ?
Sources Documentaires

Article de presse : The Good – « Du constat à l’action : comment plus de 300 organisations s’organisent contre le sexisme ordinaire » – 3 février 2026

https://www.thegood.fr/du-constat-a-laction-comment-plus-de-300-organisations-sorganisent-contre-le-sexisme-ordinaire/


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