La déprescription médicamenteuse s’impose progressivement comme un levier d’amélioration de la qualité des soins en médecine de ville. Lors du congrès de la Société française de pharmacie clinique organisé à Nantes en 2026, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de structurer davantage cette pratique, en particulier pour les benzodiazépines. L’objectif consiste à organiser un sevrage progressif et sécurisé de certains traitements devenus inadaptés, dans une démarche coordonnée entre médecins et pharmaciens.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de lutte contre la polymédication et l’iatrogénie médicamenteuse, deux enjeux majeurs de santé publique, notamment chez les personnes âgées. L’accumulation de prescriptions peut en effet accroître les risques d’effets indésirables, de chutes ou de troubles cognitifs. Au-delà d’une simple réduction de médicaments, la déprescription engage ainsi une réflexion plus large sur la pertinence des traitements et la qualité du parcours de soins, avec une implication croissante des pharmaciens dans l’optimisation thérapeutique.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de lutte contre la polymédication et l’iatrogénie médicamenteuse, deux enjeux majeurs de santé publique, notamment chez les personnes âgées. L’accumulation de prescriptions peut en effet accroître les risques d’effets indésirables, de chutes ou de troubles cognitifs. Au-delà d’une simple réduction de médicaments, la déprescription engage ainsi une réflexion plus large sur la pertinence des traitements et la qualité du parcours de soins, avec une implication croissante des pharmaciens dans l’optimisation thérapeutique.
Points clés à retenir
Les échanges du congrès ont mis en évidence plusieurs éléments structurants pour le développement de la déprescription en ville.
• La déprescription est définie comme l’arrêt progressif d’un médicament jugé inapproprié, réalisé sous supervision médicale afin d’optimiser le traitement global du patient.
• La démarche concerne prioritairement les patients âgés et polymédiqués, plus exposés aux effets indésirables liés à l’accumulation de prescriptions.
• Les pouvoirs publics ont introduit une consultation longue pour les patients de +80 ans recevant de nombreux médicaments, après un bilan de médication réalisé à l’officine, afin de reconnaître le temps médical nécessaire à cette démarche.
• L’accès à un historique médicamenteux complet reste un défi pour les médecins, alors que le pharmacien dispose souvent d’une vision plus globale des traitements, incluant médicaments sans ordonnance, phytothérapie ou compléments alimentaires.
Des expérimentations territoriales illustrent également cette dynamique. Dans le cadre du projet Bestoph MG, mené en Pays de la Loire, des binômes pharmaciens-médecins accompagnent des patients dans le sevrage des benzodiazépines à travers des entretiens motivationnels réalisés en officine, suivis d’une évaluation de la consommation médicamenteuse dans le temps.
• La déprescription est définie comme l’arrêt progressif d’un médicament jugé inapproprié, réalisé sous supervision médicale afin d’optimiser le traitement global du patient.
• La démarche concerne prioritairement les patients âgés et polymédiqués, plus exposés aux effets indésirables liés à l’accumulation de prescriptions.
• Les pouvoirs publics ont introduit une consultation longue pour les patients de +80 ans recevant de nombreux médicaments, après un bilan de médication réalisé à l’officine, afin de reconnaître le temps médical nécessaire à cette démarche.
• L’accès à un historique médicamenteux complet reste un défi pour les médecins, alors que le pharmacien dispose souvent d’une vision plus globale des traitements, incluant médicaments sans ordonnance, phytothérapie ou compléments alimentaires.
Des expérimentations territoriales illustrent également cette dynamique. Dans le cadre du projet Bestoph MG, mené en Pays de la Loire, des binômes pharmaciens-médecins accompagnent des patients dans le sevrage des benzodiazépines à travers des entretiens motivationnels réalisés en officine, suivis d’une évaluation de la consommation médicamenteuse dans le temps.
Sur le plan sociétal, la déprescription contribue à sécuriser l’usage des médicaments, en particulier pour les publics vulnérables. En favorisant un accompagnement progressif et personnalisé du sevrage, elle participe à renforcer l’autonomie du patient et la qualité de l’information thérapeutique. L’intégration de patients partenaires dans certaines initiatives illustre également une évolution vers des démarches plus participatives dans les parcours de soins.
Pour les organisations de santé, cette pratique met en évidence la nécessité d’une coordination accrue entre professionnels. Le partage d’informations, la traçabilité des prescriptions et l’accès aux historiques médicamenteux constituent des conditions essentielles pour sécuriser les démarches de déprescription. Dans ce cadre, les CPTS ou les structures d’exercice coordonné apparaissent comme des leviers organisationnels importants.
Pour les pharmaciens d’officine, la déprescription représente enfin une évolution du rôle professionnel, vers une participation plus active à l’optimisation thérapeutique. Toutefois, plusieurs obstacles persistent, notamment les questions liées au financement des dispositifs d’accompagnement ou aux préparations magistrales nécessaires pour ajuster finement les doses lors d’un sevrage progressif.
Pour les organisations de santé, cette pratique met en évidence la nécessité d’une coordination accrue entre professionnels. Le partage d’informations, la traçabilité des prescriptions et l’accès aux historiques médicamenteux constituent des conditions essentielles pour sécuriser les démarches de déprescription. Dans ce cadre, les CPTS ou les structures d’exercice coordonné apparaissent comme des leviers organisationnels importants.
Pour les pharmaciens d’officine, la déprescription représente enfin une évolution du rôle professionnel, vers une participation plus active à l’optimisation thérapeutique. Toutefois, plusieurs obstacles persistent, notamment les questions liées au financement des dispositifs d’accompagnement ou aux préparations magistrales nécessaires pour ajuster finement les doses lors d’un sevrage progressif.
Perspectives Stratégiques
À mesure que la déprescription s’installe dans les pratiques de soins de ville, elle ouvre un champ de réflexion plus large sur l’évolution des organisations de santé et sur la place des professionnels dans la gestion du risque médicamenteux. Derrière la question technique du sevrage des benzodiazépines se dessine en réalité une transformation plus profonde : celle d’un système historiquement structuré autour de la prescription, qui doit désormais intégrer la logique de l’arrêt raisonné d’un traitement lorsque celui-ci n’apporte plus de bénéfice suffisant au patient.
Dans cette perspective, plusieurs interrogations émergent. La première concerne la structuration de la coopération entre médecins et pharmaciens. Les expérimentations actuelles montrent l’intérêt du travail en binôme, mais la question reste ouverte : cette coordination doit-elle rester portée par des initiatives locales, ou évoluer vers des protocoles nationaux plus systématiques intégrés dans les parcours de soins ?
Cette réflexion conduit également à interroger la circulation de l’information médicamenteuse. La déprescription suppose une vision complète de l’historique thérapeutique du patient, incluant prescriptions successives, automédication ou compléments alimentaires. La généralisation d’outils numériques de partage d’informations pourrait-elle devenir une condition essentielle pour sécuriser ces démarches et faciliter la coordination entre professionnels ?
Au-delà de l’organisation des soins, la question du modèle économique reste centrale. L’accompagnement d’un sevrage repose souvent sur des entretiens répétés, un suivi dans la durée et une pédagogie thérapeutique importante. Comment reconnaître durablement ce temps professionnel dans les mécanismes de financement du système de santé ?
Enfin, la déprescription interroge plus largement la culture du médicament dans notre système de soins. Comment faire évoluer les représentations, chez les patients comme chez les professionnels, pour que l’arrêt d’un traitement soit perçu non comme un échec thérapeutique, mais comme un acte médical à part entière, fondé sur la pertinence et la sécurité ? Dans ce contexte, l’officine pourrait-elle progressivement devenir un lieu structurant d’accompagnement des transitions thérapeutiques, à l’interface entre suivi pharmaceutique, coordination médicale et prévention des effets indésirables ?
Autant de questions qui suggèrent que la déprescription pourrait devenir, dans les années à venir, l’un des indicateurs d’une transformation plus globale du système de santé vers une médecine de la pertinence, de la coordination et de la responsabilité thérapeutique.
Dans cette perspective, plusieurs interrogations émergent. La première concerne la structuration de la coopération entre médecins et pharmaciens. Les expérimentations actuelles montrent l’intérêt du travail en binôme, mais la question reste ouverte : cette coordination doit-elle rester portée par des initiatives locales, ou évoluer vers des protocoles nationaux plus systématiques intégrés dans les parcours de soins ?
Cette réflexion conduit également à interroger la circulation de l’information médicamenteuse. La déprescription suppose une vision complète de l’historique thérapeutique du patient, incluant prescriptions successives, automédication ou compléments alimentaires. La généralisation d’outils numériques de partage d’informations pourrait-elle devenir une condition essentielle pour sécuriser ces démarches et faciliter la coordination entre professionnels ?
Au-delà de l’organisation des soins, la question du modèle économique reste centrale. L’accompagnement d’un sevrage repose souvent sur des entretiens répétés, un suivi dans la durée et une pédagogie thérapeutique importante. Comment reconnaître durablement ce temps professionnel dans les mécanismes de financement du système de santé ?
Enfin, la déprescription interroge plus largement la culture du médicament dans notre système de soins. Comment faire évoluer les représentations, chez les patients comme chez les professionnels, pour que l’arrêt d’un traitement soit perçu non comme un échec thérapeutique, mais comme un acte médical à part entière, fondé sur la pertinence et la sécurité ? Dans ce contexte, l’officine pourrait-elle progressivement devenir un lieu structurant d’accompagnement des transitions thérapeutiques, à l’interface entre suivi pharmaceutique, coordination médicale et prévention des effets indésirables ?
Autant de questions qui suggèrent que la déprescription pourrait devenir, dans les années à venir, l’un des indicateurs d’une transformation plus globale du système de santé vers une médecine de la pertinence, de la coordination et de la responsabilité thérapeutique.
Sources Documentaires
Textes rédigés à partir d’un article de presse professionnelle, reformulé et contextualisé dans une approche RSE santé, inclusion et qualité des soins : Le Moniteur des Pharmacies – « Déprescription : pharmaciens et médecins coordonnent le sevrage des benzodiazépines » – 9 mars 2026.
Pour en savoir plus sur le Projet BESTOPH-MG du CHU de Nantes : https://www.chu-nantes.fr/efficacite-dune-intervention-conjointe-medecin-generaliste-pharmacien-dofficine-sur-la-deprescription-de-benzodiazepines-chez-la-personne-agee