Publié au Journal Officiel, le nouveau Code de déontologie des pharmaciens marque une évolution majeure pour la profession. Fruit d’un long travail de révision engagé depuis plusieurs années, il vise à adapter les règles déontologiques aux transformations profondes de l’exercice officinal : développement du numérique en santé, élargissement des missions cliniques du pharmacien et mutation du modèle économique des officines. Parmi les évolutions les plus visibles figure l’ouverture encadrée de la communication professionnelle, désormais possible sur les supports numériques, sous réserve du respect de principes stricts : absence de comparaisons entre officines, interdiction des témoignages de patients et vigilance contre tout message susceptible d’encourager un mésusage des médicaments.
Au-delà de la communication, cette réforme réaffirme plusieurs principes structurants du métier de pharmacien : secret professionnel, devoir de conseil, indépendance professionnelle et protection des personnes vulnérables. Ces dispositions traduisent une évolution sociétale du rôle de l’officine, désormais perçue comme un acteur de santé publique de proximité, au carrefour des enjeux d’accès aux soins, de protection des données de santé et d’accompagnement des patients face aux transformations numériques.
Points clés à retenir
Le nouveau code introduit plusieurs évolutions structurantes pour l’exercice officinal :
• Communication professionnelle élargie : les pharmaciens peuvent désormais communiquer sur leurs services, leurs compétences et certaines offres de produits hors monopole pharmaceutique, y compris via les canaux numériques, dans un cadre strictement encadré.
• Secret professionnel réaffirmé : le pharmacien doit garantir la confidentialité des informations confiées par les patients, y compris après leur décès. Cette obligation s’étend également aux équipes officinales et implique des conditions matérielles adaptées dans l’espace officinal.
• Devoir de conseil renforcé : l’information délivrée au patient doit être claire, loyale et adaptée à sa situation. Cette exigence s’applique également aux services numériques proposés par l’officine, ce qui suppose une attention particulière aux patients moins familiers des outils digitaux.
• Indépendance professionnelle protégée : toute rémunération indexée sur des objectifs de rendement ou de productivité est interdite, afin de préserver l’objectivité du pharmacien dans ses décisions de santé.
• Protection des publics vulnérables : le pharmacien doit désormais intervenir lorsqu’il suspecte des violences, des privations ou des situations de maltraitance, en orientant la personne vers les structures compétentes ou, dans certains cas, en procédant à un signalement aux autorités.
Sur le plan organisationnel, ces nouvelles exigences impliquent des adaptations concrètes dans l’officine : réflexion sur l’aménagement des espaces pour garantir la confidentialité, encadrement des communications numériques, et accompagnement des patients dans l’usage des outils digitaux de santé. L’équilibre entre modernisation et respect des principes déontologiques devient ainsi un enjeu central pour les équipes officinales.
Sur le plan professionnel et économique, la réaffirmation de l’indépendance du pharmacien face aux logiques de rendement constitue un signal fort dans un contexte de transformations du secteur. Elle vise à préserver la confiance entre le patient et le professionnel de santé, tout en rappelant que la dispensation du médicament relève avant tout d’une responsabilité sanitaire et non d’une logique commerciale.
Perspectives Stratégiques
Textes rédigés à partir d’une source journalistique professionnelle, reformulés et contextualisés dans une approche RSE santé, inclusion et éthique professionnelle : Le Moniteur des Pharmacies – « Nouveau code de déontologie : ce qui change dès maintenant pour les pharmaciens » – 5 mars 2026.
https://www.ordre.pharmacien.fr/les-communications/focus-sur/les-autres-publications/code-de-deontologie-des-pharmaciens2