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Réforme du troisième cycle : former mieux, rémunérer mieux, attirer vers les territoires

14 janvier 2026 4 min de lecture
Après plusieurs années d’attente, les textes réglementaires encadrant la réforme du troisième cycle des études de pharmacie ont été publiés au Journal officiel le 12 janvier 2026. La réforme entrera en vigueur à compter de septembre 2026 pour les étudiants de sixième année des filières Officine et Industrie Recherche.

Ce dernier volet vient achever une refonte globale de la formation pharmaceutique engagée depuis plusieurs années. Il vise à renforcer la dimension professionnalisante du diplôme, à mieux articuler enseignement universitaire et exercice réel, et à répondre aux besoins croissants des territoires en professionnels de santé.

Un point reste toutefois en suspens : la confirmation réglementaire de la gratification annoncée à 1 037 euros nets par mois, présentée comme un levier central d’attractivité et de reconnaissance du travail fourni par les étudiants.

Points clés à retenir

La réforme introduit la création de Diplômes d’Études Spécialisées (DES) courts pour les filières Officine et Industrie Recherche. La sixième année devient une année pleinement professionnalisante, structurée autour de l’acquisition de compétences directement liées à l’exercice futur.

Pour la filière officinale, l’organisation évolue profondément :
→ deux terrains de stage distincts de 4,5 mois chacun ;
→ des enseignements universitaires intercalés pour assurer une continuité pédagogique ;
→ une ouverture de l’agrément aux pharmaciens adjoints ;
→ une implication renforcée des ARS dans l’agrément des terrains, avec une priorité donnée aux zones sous-denses.

La réforme affiche également une ambition explicite en matière de bien-être étudiant, en reconnaissant la charge de travail et les responsabilités confiées aux futurs pharmaciens.

Sur le plan financier, la gratification mensuelle des stages de sixième année officinale passerait de 650 euros à 1 037 euros nets, sous réserve de la publication d’un texte précisant les modalités de financement et de remboursement aux officines.
Pour les étudiants en pharmacie, la réforme marque une reconnaissance accrue du statut d’étudiant-travailleur. La revalorisation annoncée de la gratification constitue un signal fort sur les conditions de travail, la dignité de l’engagement et la soutenabilité économique des études, en particulier pour les étudiants issus de milieux modestes.

Pour les pharmacies d’officine, les officines deviennent des acteurs centraux de la formation, avec une responsabilité accrue dans l’accueil, l’encadrement et la montée en compétences des étudiants. Cette implication suppose des conditions économiques claires et sécurisées, notamment sur le remboursement des gratifications.

Pour les territoires, la priorisation des zones sous-denses inscrit la réforme dans une logique de développement local et de justice territoriale. En exposant les étudiants à des réalités d’exercice variées, la réforme cherche à créer des dynamiques d’installation durable là où l’accès aux soins est fragilisé.

Pour le système de santé, la réforme illustre un basculement progressif vers une approche plus intégrée de la formation : mieux former, mieux rémunérer, mieux répartir. Elle relie directement qualité de la formation, conditions de travail et continuité de l’offre de soins.

Perspectives Stratégiques

Si la revalorisation financière est confirmée, la réforme pourrait transformer durablement l’attractivité du cursus officinal, réduire certaines inégalités sociales entre étudiants et renforcer la qualité de l’encadrement en stage.

À l’inverse, un retard ou une incertitude prolongée sur le financement ferait peser un risque sur l’adhésion des officines, la qualité des terrains de stage et, in fine, sur la crédibilité de la réforme.

La réussite du dispositif dépendra donc moins des textes déjà publiés que de leur traduction opérationnelle, sur le terrain, au croisement des enjeux de formation, de conditions de travail et d’accès aux soins.

Sources Documentaires
Le Moniteur des Pharmacies – 1037 euros par mois : la réforme du troisième cycle tiendra-t-elle sa promesse financière ? – 13 Janvier 2026
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