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Accès aux soins : les étudiants en pharmacie intégrés au CESP

8 janvier 2026 4 min de lecture

La question de l’accès aux soins dans les territoires sous-dotés ne concerne plus uniquement les médecins. Elle touche désormais l’ensemble de la chaîne du soin, et en particulier la pharmacie, dont la présence conditionne l’accès effectif aux traitements.


Dans ce contexte, la publication au Journal officiel du décret élargissant le Contrat d’Engagement de Service Public (CESP) aux étudiants en pharmacie marque une évolution significative. Jusqu’ici réservé principalement aux filières médicale et dentaire, ce dispositif incitatif devient accessible aux futurs pharmaciens dès la deuxième année d’études.


L’enjeu est clair : agir plus tôt dans les parcours de formation pour orienter durablement l’installation vers les zones où l’offre de soins est insuffisante. En contrepartie d’un soutien financier pendant les études, l’État propose un engagement professionnel au service des territoires les plus fragiles.

Points clés à retenir

Le décret publié début janvier 2026 permet aux étudiants en pharmacie de signer un CESP à partir de la deuxième année. Ce contrat ouvre droit à une allocation mensuelle d’environ 1 200 euros brut, versée pendant la durée des études concernées.


En échange, l’étudiant s’engage à exercer, après l’obtention de son diplôme, dans une zone sous-dotée en offre de soins, pour une durée équivalente au temps de perception de l’allocation, avec un minimum de deux années d’exercice.


Le dispositif concerne prioritairement les parcours officinaux et hospitaliers. Les étudiants de la filière industrielle en sont, à ce stade, exclus. Le contrat ne peut pas être cumulé avec un autre engagement public ou territorial.


Si le décret constitue une avancée structurante, plusieurs éléments restent en suspens. Un arrêté d’application, encore attendu, devra préciser les conditions d’éligibilité, les modalités de candidature et les règles opérationnelles de mise en œuvre. Les premières candidatures sont annoncées à partir de la mi-janvier 2026.

Pour les territoires sous-dotés, l’ouverture du CESP aux étudiants en pharmacie représente un levier supplémentaire de rééquilibrage territorial. Elle reconnaît implicitement que l’accès aux soins ne se limite pas à la consultation médicale, mais repose aussi sur la présence durable de professionnels du médicament.


Pour les étudiants
, le dispositif introduit une nouvelle forme de projection professionnelle précoce. S’engager dès la deuxième année suppose de réfléchir très tôt à son avenir, à son mode d’exercice et à son rapport au territoire. Cette anticipation peut sécuriser certains parcours, mais elle peut aussi générer des rigidités, notamment en cas de réorientation ultérieure.


Pour la profession pharmaceutique
, le CESP constitue un outil de régulation douce : il n’impose pas une installation, mais oriente les choix par l’incitation financière et l’engagement moral. Il participe ainsi à une logique de responsabilité sociale des formations en pharmacie, en lien avec les besoins réels du système de santé.

Perspectives Stratégiques

À court terme, ce dispositif pourrait renforcer l’attractivité des zones rurales ou sous-dotées auprès des jeunes pharmaciens, en réduisant l’un des freins majeurs à l’installation : l’incertitude économique en début de carrière.


À moyen terme
, il pose plusieurs questions structurantes :
→ comment garantir une souplesse suffisante des parcours, notamment entre filière officine, internat et exercice hospitalier ;
→ comment éviter que l’engagement précoce ne devienne un facteur de contrainte ou de renoncement ;
→ comment intégrer, à terme, les autres filières pharmaceutiques, en particulier l’industrie, dans une logique de responsabilité territoriale élargie.


Plus largement, l’élargissement du CESP traduit une évolution des politiques publiques : la lutte contre les déserts de soins passe désormais par une action en amont, dès la formation, et non plus uniquement par des mesures correctrices a posteriori.

Sources Documentaires
Le Moniteur des Pharmacies – Exercice en zones sous-dotées : 1200 euros par mois pour les étudiants en pharmacie qui s’engagent – 7 Janvier 2026
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