Points clés à retenir
Le violentomètre, né en Amérique Latine et adapté en France en 2018, se présente comme un repère simple : une échelle colorée en trois zones (verte, orange, rouge) illustrant 23 situations concrètes. Il permet, en un coup d’œil, d’identifier quand une relation bascule vers des comportements dangereux.
Ce support est désormais massivement diffusé via des sacs distribués en pharmacie, un lieu du quotidien où chacun — femmes, adolescents, familles — peut y avoir accès sans stigmatisation ni démarche préalable.
L’initiative prend une ampleur nationale : en Drôme provençale, les sacs ont été distribués dans toutes les officines du territoire ; en Mayenne, 10 000 sacs ont été remis ; dans les Hauts-de-Seine, Bourg-la-Reine a fait de même ; à Châtellerault, 12 000 exemplaires ont été fournis aux 15 pharmacies de la ville ; etc. Chaque territoire s’empare de l’outil, révélant une dynamique collective forte autour de la prévention des violences conjugales.
Pour les pharmacies, cette opération renforce un rôle déjà essentiel : celui d’être un lieu refuge, accessible, anonyme, familier, où l’on peut trouver à la fois écoute et information. Distribuer ces sacs, c’est permettre à toute personne concernée, ou à son entourage, d’accéder discrètement à des numéros d’aide et à un outil d’auto-évaluation. C’est aussi une manière de positionner l’officine comme un acteur de santé publique engagé, capable de relayer des messages de prévention sensibles et sociétaux.
Pour les laboratoires et fabricants engagés dans l’écosystème santé, cette initiative illustre une tendance forte : la collaboration territoriale autour d’enjeux humains majeurs. Elle montre que la prévention des violences conjugales relève autant de la santé publique que de la cohésion sociale, un domaine dans lequel le secteur de la santé a un rôle à jouer.
Perspectives Stratégiques
Cette action peut marquer une évolution importante dans la prévention des violences conjugales :
→ visibilité accrue des numéros et outils d’aide ;
→ sensibilisation du grand public via un support du quotidien ;
→ renforcement du rôle des pharmacies comme points d’information sécurisants ;
→ encouragement pour d’autres collectivités à s’emparer de l’outil ;
→ meilleure orientation des victimes potentielles vers les services compétents.
À l’heure où 107 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024 (soit +11 % en un an), chaque geste de prévention compte. La diffusion du violentomètre via les pharmacies rappelle que la lutte contre les violences est l’affaire de tous, et que de petites actions visibles peuvent être de grands leviers d’aide.