Points clés à retenir
Le contrôle de 270 établissements, du fabricant au distributeur, révèle qu’un tiers d’entre eux présente des irrégularités. Beaucoup de produits affichent des allégations interdites, des promesses thérapeutiques trompeuses ou des compositions non conformes aux mentions indiquées. Les compléments destinés aux enfants affichent 20 % de non-conformités, et ceux destinés aux adultes culminent à 37 %.
Les contrôleurs ont identifié une large palette de manquements : allégations anti-gueule de bois, références à des effets « anti-cancer », discours culpabilisants pour les parents, citations de professionnels de santé fictifs, comparaisons nutritionnelles interdites… Certains produits à base de levure de riz rouge, malgré l’évolution réglementaire, demeurent en infraction, notamment concernant la monacoline K.
Les analyses en laboratoire de 45 produits pour enfants montrent des écarts préoccupants entre les teneurs annoncées et les valeurs mesurées, notamment sur les vitamines C, A, E, D. Les déficits comme les excès sont fréquents, et certains produits atteignent des niveaux proches des seuils de vigilance établis par les autorités sanitaires.
Pour les pharmacies, ces résultats sont un rappel sérieux : conseiller un complément alimentaire exige une vigilance accrue, particulièrement lorsque les produits visent les enfants. L’officine reste un lieu de repère pour les familles, et cette enquête renforce l’importance de s’appuyer sur des produits fiables, de marques sérieuses, et conformes aux exigences réglementaires.
Pour les fabricants et distributeurs, ce rapport met en lumière un besoin urgent de renforcer la maîtrise réglementaire, la qualité de fabrication et la justesse des allégations. Les micro entreprises, souvent dépourvues de service juridique, apparaissent comme particulièrement vulnérables et davantage exposées aux dérives marketing. L’étude montre aussi que les pratiques commerciales trompeuses nuisent à la crédibilité du secteur tout entier et peuvent fragiliser la confiance des consommateurs dans des produits pourtant utiles lorsqu’ils sont correctement encadrés.
Perspectives Stratégiques
Ce rapport risque d’accélérer plusieurs tendances :
→ une intensification des contrôles sur un marché en plein expansion ;
→ une responsabilisation accrue des marques, en particulier sur les allégations santé ;
→ une demande croissante de transparence de la part des consommateurs et des pharmaciens ;
→ une clarification des pratiques pour les produits enfants, segment particulièrement sensible ;
→ un renforcement du rôle pédagogique de l’officine, en tant que lieu de conseil éclairé face à la profusion de produits en ligne.
La DGCCRF estime indispensable de reconduire cette enquête. À l’heure où les compléments alimentaires séduisent un public de plus en plus large, cette vigilance apparaît comme un enjeu essentiel de santé publique et de protection des consommateurs.